L'influence de la télévision sur l'enfant

Publié le par elarabiya.over-blog.com

 

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Dans le message posté par Natacha Charles Munoz dit : "On a le sentiment qu'ils sont dans un monde qui ne developpe pas l'imaginaire, mais qui les pousse seulement a reagir, comme dans un jeu video" dit
"Leur production est d'une pauvrete impressionnante" (...) A part la +camera cachee+, ils n'avaient aucune idee".

Effectivement le constat est edifiant et inquietant. Il y a quelques annees, nous avions fait un reportage avec des amis journalistes sur l'influence de la television : le rapport à la violence, la mode du zapping, la débilité des programmes que les enfants ingèrent en masse.
Nos conclusions allaient dans le meme sens :
L’impact de la télévision sur le cerveau, sur nos comportements, sur la scolarité des enfants est bien plus grand que ce qu'on imagine. Et il y a des faits et des chiffres qui le prouvent.

Nous avions interviewé entre autres Liliane Lurçat, psychologue (CNRS) qui avait passé 40 ans dans les écoles à observer, réaliser des entretiens, ou analyser des dessins d’enfants, sur des thèmes aussi variés que le schéma corporel, l’échec scolaire ou encore l’influence de la télévision chez l’enfant.

Elle nous disait notamment que ‘’avec l’introduction de la télévision dans les foyers, les enfants ont été pris dans de puissants faisceaux d’influence. Cette socialisation par la télé s’apparente à une massification à grande échelle avec perte d’indépendance. Classiquement, en psychologie du développement, on dit qu’au début l’enfant est en fusion émotionnelle avec sa famille, puis il grandit, il dit JE, il s’oppose : c’est l’individualisation. Or la télévision crée une nouvelle situation fusionnelle, où l’enfant ne peut pas dire Je ou Non parce qu’il est dominé.

Cette domination s’exprime par le prestige. On veut être pareil, conforme à ce qui est montré. Il y a les imitations volontaires de héros télévisuels, mais aussi involontaires, notamment à partir de l’imprégnation perceptivo-motrice, favorisé par la répétition des thèmes. Selon mon maître Henri Wallon, l’imprégnation par la voie émotionnelle débouche sur le mimétisme, c’est-à-dire une imitation ignorante d’elle-même. L’imprégnation est une forme d’apprentissage, caractérisée par le fait que la personne apprend sans savoir qu’elle apprend, et par conséquent ce qu’elle apprend. C’est une forme d’aliénation passagère. Les modèles positifs ou négatifs répétés à la télé imprègnent l’enfant à l’âge où se forme la personnalité, et souvent avant que ne se forme l’esprit critique. Or tout personnage ou toute situation rendue familière sont valorisés et deviennent des modèles potentiels. Mais l’imitation courante des façons de se vêtir, de s’alimenter ou de parler passe quasiment inaperçue, pour la bonne raison que plus l’imitation se généralise, moins on la reconnaît comme telle. De plus, tout ce qui dépasse et sort de l’ordinaire est réprimé par le groupe de pairs (compagnons du même âge), groupe qui se trouve à mi-chemin entre l’individu et les messages déversés par les médias. La pression des pairs homogénéise le groupe. La philosophe Hanna Arendt parle de tyrannie de la majorité.
Mais le plus grave de mon point de vue, c’est qu’en même temps qu’ils sont abandonnés devant l’écran, les enfants sont d’une certaine façon dépossédés de leur enfance par la télévision, parce qu’ils sont initiés brutalement et surtout trop tôt aux thèmes adultes et à leurs aspects les plus barbares. J’ai noté par exemple, qu’avant la génération télé, le dessin à l’école maternelle était enfantin et sage. Ensuite il est devenu explosif, peuplé de robots destructeurs.

La présence de la télé au foyer introduit une violence liée à la situation, où le rythme intime de la vie est dicté par la machine. D’ailleurs plus les gens sont fatigués, enfants comme adultes, plus ils regardent longtemps, plus ils sont sans défense, plus ils se laissent imprégner et moins ils se mobilisent intellectuellement pour porter un jugement et prendre de la distance. Je me souviens lors d’entretiens, d’avoir fait comparer le capitaine Flam et Jacques Martin en demandant qui était “ vrai ”... Et je m’entendais répondre : “ mais non, ils sont faux tous les deux ! ”, ou le contraire. L’initiation par la télé s’accompagne d’un éloignement du réel, car la télé n’est pas le monde mais une illusion du monde dont on ne voit que les images. Elle provoque une suralimentation de l’imaginaire, qui peut conduire à des actes insensés. J’ai eu un exemple récemment, extrême mais significatif, d’un enfant de 8 ans habitant le 5eme arrondissement de Paris qui s’est balancé par la fenêtre du deuxième étage pour voir s’il pouvait voler. Heureusement il s’en est sorti.’’

Publié dans Psycologie de l'enfant

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