L'estime de soi

Publié le par elarabiya.over-blog.com

 

L'Estime de Soi Comment aider votre enfant à l'acquérir?

 

Qu’est-ce que l’estime de soi ?

 

Chaque individu se fait une idée de lui-même et se forge, à travers l’ensemble de ses expériences, un concept de soi qui fluctue et varie considérablement. Cette idée qu’on se fait de soi-même est liée aux différents domaines importants de notre vie. Certaines recherches récentes démontrent que cet "autoportrait " change tout au long de la vie et qu’il continue à se modifier même à 80 ans.

L’estime de soi, c’est la valeur positive qu’on se reconnaît comme individu. On peut avoir une bonne estime de soi comme travailleur, mais une faible estime de soi comme parent ou comme amant ou amante, par exemple.

Les enfants ne naissent pas avec une image d’eux-mêmes, Ils apprennent à se voir d’abord et avant tout à travers les yeux des personnes importantes pour eux : leurs parents, leurs frères et sœurs, leurs enseignants et enseignantes et enfin, leurs amis.

Lorsque bébé, l’enfant s’aperçoit qu’on répond à ses pleurs et qu’on le dorlote, il construit le sentiment intérieur de son importance. Quand, à deux ans, il s’oppose et s’affirme et qu’on lui permet de faire des choix, il construit le sentiment intérieur d’être "capable ".

Lorsque, vers quatre ans, il se pavane et déclare, "regarde comme je suis bonne ou beau… ", et qu’on lui reconnaît une valeur en tant que garçon ou fille, il construit le sentiment intérieur d’être suffisamment intéressant pour prendre sa place. À six ans, quand il s’intéresse aux apprentissages plus intellectuels et qu’on lui souligne ses capacité réelles, il construit sentiment intérieur d’être compétent.

L’estime de soi c’est cette petite flamme qui fait briller le regard lorsqu’on est fier de soi, mais cette flamme peut facilement vaciller et s’éteindre au vent mauvais des sarcasmes et des critiques.

Insuffler un sentiment de confiance

La confiance est une attitude fondamentale dans la vie. C’est elle qui nous permet de nous rassurer, de créer un état de détente, de bien-être, et surtout, d’envisager la vie avec optimisme. Cette attitude de base n’apparaît pas soudainement dans le développement. Elle se construit graduellement au fil des années à travers des relations d’attachement et des expériences significatives. Autant chez l’adulte que chez l’enfant, elle varie au cours de l’existence avec des progressions subites et des régressions temporaires. Le noyau archaïque de l’estime de soi prend justement sa source dans des relations d’attachements qui suscitent un sentiment de confiance.

Tout adulte ou enfant qui se sent aimé de façon permanente, même par une seule personne sur terre, est amené à se percevoir comme quelqu’un d’aimable, donc ayant une valeur. Lorsqu’il est intériorisé, ce sentiment rassurant lui ouvre l’univers des possibilités. En effet, il peut se dire : " Si je suis aimé par cette personne, il est dorénavant possible d’être aimé par d’autres ". La confiance génère l’optimisme.

À la maison comme à l’école, cette confiance ne peut s’établir que si l’enfant éprouve un sentiment de sécurité physique et psychologique. Dans la pyramide des besoins essentiels tels que décrits par Abraham Maslow 1 (1972), le besoin de sécurité vient en deuxième place après les besoins de survie (être nourri, habillé, logé, etc.). Tous les êtres humains consacrent beaucoup d’énergie pour s’assurer une sécurité physique et psychologique. Or, depuis quelques années, la société québécoise vit dans un climat d’insécurité financière, conjugale et éducative. Mais nous sommes convaincus que ce contexte d’incertitude peut diminuer par une amélioration de l’estime de soi des individus qui composent notre société.

L’enfant éprouve un sentiment de sécurité quand il a une vie stable dans le temps et dans l’espace et, surtout, quand les personnes significatives pour lui sont présentes régulièrement. Par exemple, à l’école, les activités doivent se dérouler selon horaires réguliers et dans des lieux qui sont toujours les mêmes. À la maison, on doit autant que possible établir et respecter des routines de vie (repas, coucher, lever) stables. Trop de déménagements ou de changements majeurs à l’intérieur de la maison peuvent insécuriser les enfants, surtout les plus jeunes.

À l’école, l’instabilité des enseignants au cours d’une année cours de ses explorations, il doit être protéger des dangers et apprendre à connaître les limites de son milieu. Il est essentiel qu’il en vienne à se prendre conscience des comportements permis dans son environnement, tant physique que humain. L’enfant doit apprendre, et ceci se vit parfois péniblement, à régulariser et à adapter ses conduites en fonction des réalités qui l’entourent. L’autodiscipline s’acquiert non seulement pendant la petite enfance, mais pendant toute l’enfance et l’adolescence.

Il est tout à fait normal qu’un enfant fonctionne surtout sur le mode du plaisir. Il est naturel qu’il cherche à manipuler l’adulte pour satisfaire ses désirs. Il est moins normal que ce dernier le laisse faire ou qu’il tombe dans le piège. Une telle situation relève avant tout d’une difficulté chez l’adulte. L’enfant ne peut pas contrôler son comportement si, au préalable, il n’y a pas eu de contrôle externe exercé par les adultes. Les enfants les plus insécures que nous avons connus sont ceux envers qui on avait une attitude de laisser faire ou d’indifférence. À la maison, si l’enfant ne se sent pas protégé face à des dangers physiques ou psychologiques, il éprouve un sentiment d’insécurité. À l’école, si le chaos règne en classe et qu’il ne se sent pas protégé des agressions possibles (physiques ou verbales), l’élève se retranchera dans une position défensive pour prévenir les dangers. Or, l’énergie déployée pour se protéger ne peut être investie dans les relations positives avec les autres ou dans des apprentissages.

Que ce soit à l’école ou à la maison, pour amener l’enfant à intégrer une autodiscipline et un sentiment de sécurité, il est important que les adultes élaborent des règles de conduite. Celles-ci doivent comporter les caractéristiques suivantes :

  • Claire : Les règles permettent de véhiculer les valeurs éducatives (respect de soi, des autres ou de l’environnement qu’on veut transmettre aux enfants. Il est important que les deux parents et les enseignants précisent les valeurs qu’ils considèrent importantes pour l’éducation de l’enfant et qu’il y ait une adhésion commune à ces valeurs.
  • Concrètes : Les règles doivent être établies en fonction d’actions concrètes et attendues. Par exemple, plutôt que de demander à l’enfant de faire du ménage dans sa chambre, il est plus concret de lui demander de ranger son linge dans les tiroirs. À l’école, le respect de l’environnement doit être exprimé par une consigne concrète telle que jeter les papiers dans la poubelle.
  • Constantes : L’application des règles ne doit pas varier selon les pulsions et les humeurs de l’adulte. C’est d’ailleurs ce qui est l e plus difficile à réaliser tant chez les parents que chez les enseignants. La constance ou la fermeté prend un sens positif quand l’adulte ne perd jamais de vue les valeurs qu’il veut transmettre. Il est aussi plus facile d’être constant quand il y a un nombre réduit de règles. Toutefois, la fermeté ne signifie pas la rigidité. Par exemple, on peut suspendre exceptionnellement une règle lors d’un événement spécial, mais on doit signifier à l’enfant que c’est un privilège et que la règle sera remise en vigueur. La constance sécurise beaucoup les enfants car elle leur permet de percevoir les adultes comme étant fiables et dignes de confiance.
  • Conséquences : Les enfants on tous, à des degrés divers, une propension à transgresser les règles. Il est important que les enfants assument les conséquences logiques de leurs écarts de conduite. Les conséquences doivent être reliées étroitement à l’acte inacceptable. Par exemple, si un enfant agresse physiquement ou verbalement un camarade, il doit lui rendre un service pour réparer sa faute. Si un élève nuit à son groupe par son comportement, il doit assumer après coup une responsabilité qui aide le groupe.
  • Congruentes : Il est essentiel que l’adulte agisse lui-même en fonction des valeurs qu’il veut transmettre à l’enfant. C’est le plus grand témoignage de crédibilité qui inspire la confiance.

Le sentiment de confiance prend sa source dans une sécurité de base et se consolide quand les adultes tiennent leurs promesses. L’enfant peut tolérer un délais entre son désir et la satisfaction de son désir quand il a déjà pu constater que les adultes tiennent leurs promesses et qu’il obtiendra satisfaction. Les adultes sont alors perçus comme fiables, sécurisants et dignes de confiance. C’est à cette condition que l’enfant en vienne à intérioriser la confiance qui lui donne de l’espoir face à l’avenir.

Le sentiment de confiance se manifeste chez l’enfant par des états de détente, de bien-être et d’optimisme. Il est toutefois contagieux. En effet, les parents doivent d’abord parvenir à se faire confiance pour transmettre cette attitude aux enfants. Il est important que les parents et les enseignants apprennent à gérer leurs stress et à réduire leurs doute quant à leurs capacités éducatives pour transmettre la sécurité et la confiance aux enfants. Ils doivent d’abord s’occuper d’eux pour que les jeunes puissent en profiter

Publié dans Psycologie de l'enfant

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