Connaître la valeur personnelle de chacun

Publié le par elarabiya.over-blog.com

Connaître et reconnaître la valeur personnelle de chacun

" Si vous donnez forme donnez forme à ce qui est en vous, ce à quoi vous aurez donné forme vous sauvera. Si vous ne donnez pas forme à ce qui est en vous, ce à quoi vous n’aurez pas donné forme, vous détruira 2 . "

Les adultes, parents et enseignants, on t beaucoup d’attentes envers les enfants et sont souvent déçus lorsque ceux-ci ne sont pas à la hauteur de leurs espérances. Pourquoi sommes-nous préoccupés de performance? Pourquoi suivons-nous le développement de nos enfants à la loupe? Pourquoi cherchons-nous à faire rentrer tout le monde dans le rang des savoirs officiels? Les enfants sont notre espérance de pouvoir tout recommencer et… de tout réussir. Ils nous ressemblent, mais sont différents aussi. Nous n’avons pas toujours le recul nécessaire pour les voir tels qu’ils sont.

Un enfant veut d’abord et avant tout d’être aimé et il est prêt à faire bien des choses pour cela, même à renier sa nature profonde. Par contre, il est impossible d’être bien dans sa peau si on n’est pas soi-même. L’enfant qui n’est jamais satisfait de lui, qui se critique, qui détruit ses dessins, qui panique s’il n’obtient pas in " 1 " à l’école croit au fond de lui qu’il ne peut être aimé que s’il est parfait. Souvent les adultes autour de lui n’expriment pas clairement cette exigence, mais ils sont eux-mêmes perfectionnistes, intransigeants pour eux et pour les autres. L’enfant conclut qu’il est toujours en deçà de ce qu’on espère secrètement pour lui. Cet enfant peut développer des symptômes liés au stress (maux de cœur, de ventre, d’insomnie, etc.) et surtout, des sentiments dépressifs.

Un autre type d’enfant se révèle avoir une faible estime de lui : celui qui n’est pas investi, pour lequel on n’a pas de désirs ou d’attentes, celui qui est toujours de trop. Il est bien difficile de savoir qui on est si personne ne nous voit vraiment! Cet enfant se dira : " Il ne sert à rien de faire des efforts, d’être gentil ou habile puisque je ne vaux pas la peine qu’on s’occupe de moi. " Évidemment, la majorité des enfants se retrouvent entre deux extrêmes et cherchent à se définir par la façon dont on réagit à leur personne. Savoir qui on est est l’histoire d’une vie, mais elle commence dès la petite enfance. Regardez bien votre enfant ou votre élève. Prenez celui ou celle qui vous cause le plus de souci. Faites l’effort de le décrire à un autre adulte en ne soulignant que ses qualités. Êtes-vous capable de lui reconnaître trois qualités? Cinq qualités? Peut-être que oui, mais peut-être aussi que cela vous est difficile parce que ce sont plutôt ses défauts ou ses difficultés qui vous viennent immédiatement à l’esprit.

Notre éducation judéo-chrétienne a mis l’accent sur le péché, les lacunes et les fautes et nous a donné des réflexes qui sont bien ancrés en nous. " Il ne marche pas, il a un an! Elle est incapable de dire son alphabet malgré des mois de répétition! Il est tout le temps de mauvaise humeur! Elle ne range jamais sa chambre! " Les " toujours " et les " jamais " sont des mots à proscrire de notre vocabulaire. Ils enferment les enfants et les adultes dans un carcan qui les rend impuissants à changer.

Nous aimons nos enfants et nos élèves, mais nous ne prenons pas souvent le temps de les regarder dans ce qu’ils sont plutôt que dans ce qu’ils font. Observez votre enfant ou l’un de vos élèves et trouvez ses forces dans les domaines suivant : physique (force, souplesse, endurance, etc.); intellectuel (curiosité, jugement, mémoire, raisonnement, etc.); social (facilité à se faire des amis, capacité à partager, capacité de s’affirmer, etc.); personnel (générosité, originalité, imagination, etc.). Nous nous cantonnons parfois dans un ou deux domaines seulement parce que ce sont ceux que nous valorisons, mais ce ne sont pas nécessairement ceux qui décrivent le mieux l’enfant qui est devant nous.

Il ne suffit pas toutefois de voir les forces de l’enfant, il faut aussi les lui souligner ! Prenez le temps, le soir avant le coucher ou encore juste avant d’entrer en classe, de dire à votre enfant un petit mot gentil qui lui fait comprendre que vous lui reconnaissez des forces bien à lui, qu’il est un être unique et merveilleux à bien des égards. Attention, arrêtez-vous là et ne défaites pas ce que vous venez de dire : " Martin, je trouve que tu as un très beau sourire, mais si tu étais plus gentil avec Sophie je serais encore plus content(e). "

Il y a des mots qui sont comme des caresses et qui chatouillent la peau, mais il y a des mots qui blessent et qui écorchent l’âme. Il est extrêmement important de parler de façon respectueuse aux enfants. Les petits sobriquets à connotation négative, même s’ils sont dits sans agressivité, finissent par nourrir le monologue intérieur de l’enfant et lui donner le sentiment d’être différent des autres, moins bien que les autres. Bouboule et Petit monstre, peuvent être avantageusement remplacés par Trésor et Mon cœur

Les critiques fréquentes, les remarques acerbes, les jugements à l’emporte-pièce sont autant de petits coups de poignard dans le cœur : " Mon Dieu que tu es sans dessin! –C’est tellement niaiseux… Dépêche-toi de finir! –T’as donc pas d’allure, ôte-toi de là… " peuvent se transformer en : " On dirait que tu trouve ça difficile… –Si tu as besoin d’aide, tu me le diras. –Tu recommenceras demain, je vais te montrer un truc facile. "

De même, il suffit souvent de reconnaître les sentiments de l’enfant pour lui redonner confiance en lui : " Ça te fâche quand tu ne réussis pas du premier coup, hein? –Ça te fait de la peine que ton amie t’aies laissée tomber… " Une autre façon d’éviter les attaques verbales consiste à parler à la première personne lorsqu’on est sur le point de perdre ses moyens. Par exemple, au lieu de dire : " T’as encore oublié de sortir les poubelles, tu ne m’écoutes jamais quand je te parle ", on peut dire : " je suis déçu(e), je m’attendais à ce que les poubelles soient sorties. "

Une autre façon de souligner la valeur personnelle de l’enfant c’est de lui montrer concrètement à quel point on l’apprécie et on l’aime! Certains adultes sont cajoleurs, d’autres adorent jouer, d’autres encore font de petites surprises. L’important c’est de trouver sa façon personnelle d’avoir du plaisir et d’être complice avec les enfants. Pour cela, il faut leur donner du temps… de qualité!

Avoir une bonne estime de soi, ce n’est pas " se prendre pour un autre ", c’est se connaître de façon réaliste avec ses forces et ses limites. Les adultes qui s’exclament à chaque production de l’enfant, même lorsque celle-ci est carrément mauvaise, ne lui rendent pas service. Ils contribuent à l’illusionner sur lui-même, illusions que les autres auront vite fait de lui enlever

Publié dans Psycologie de l'enfant

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article